Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa a officiellement promulgué la nouvelle réforme constitutionnelle mardi 7 juillet 2026, après son adoption par la majorité parlementaire Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Cette révision constitutionnelle contestée par l’opposition permettra au président de prolonger son mandat jusqu’en 2030 et supprimer l'élection présidentielle au suffrage direct.
Le chef de l’Etat, Emmerson Mnangagwa renforce son
pouvoir avec cette nouvelle réforme qui allonge son mandat présidentiel de deux
ans, c’est –à-dire jusqu’en 2030. Le mandat de cinq ans passe désormais à sept.
Nick Mangwana, un responsable du ministère de
l’Information, a fait savoir que le texte est dorénavant entré en vigueur dès
sa promulgation. « Signé, scellé et
promulgué, c’est désormais la loi », a-t- il écrit sur son compte X.
L’élection
du président se fera à l’Assemblée nationale.
Cette modification a prévu également une prolongation
du mandat des députés de cinq ans à sept. L’une des principales réformes est le
moyen de désignation du président de la République. Elle confère le pouvoir aux
parlementaires d’élire le chef de l’Etat, supprimant l’élection présidentielle
au suffrage direct, en vigueur depuis 1987.
Contestation
de la révision constitutionnelle par l’opposition
Cette réforme déclenche une controverse dans le camp
de l’opposition. Les principaux leaders de l’opposition ont appelé les
Zimbabwéens à manifester contre ce qu’ils qualifient de « coup d’Etat
constitutionnel ». Au même moment, certains avocats envisagent déposer un
recours pour contester la constitutionnalité de la nouvelle loi. « La Cour constitutionnelle examinera le
recours », ont-ils déclaré.
Le Mouvement pour le changement démocratique, a aussi appelé
le peuple à se mobiliser contre cette forfaiture et précisé qu’il solliciterait
l’intervention de l'Union africaine et l'organisation régionale de la SADC
(Communauté de développement de l'Afrique australe).
Pour l’opposant, Nelson Chamisa, l’heure n’est pas à
la division. L’opposition doit s’organiser et s’unir pour mener des actions
communes. « Aujourd'hui, nous
faisons face à un défi commun : l'oppression », a-t- il souligné.
Emmerson Mnangagwa, âgé de 83 ans est arrivé au
pouvoir en 2017, suite à un coup d’Etat militaire qui a renversé Robert Mugabe après
37 ans de pouvoir. Il a été élu en 2018 et en 2023 pour deux mandats de cinq
ans.
Son gouvernement est souvent critiqué par les partis
politiques de l’opposition sur les libertés publiques et le non- respect des
réformes démocratiques et économiques. Les opposants considèrent cette réforme
comme une initiative d’entrave à l’alternance politique dans le pays.
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