Le Président de la République sénégalaise, Bassirou Diomaye Faye a saisi le Conseil constitutionnel d’un recours en inconstitutionnalité pour violation de la procédure de révision constitutionnelle de la loi n° 18/2026 de l'Assemblée nationale en date du 29 juin 2026.
Maître Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour
agissant au nom et pour le compte du Président de la République, a déposé devant
le greffe du Conseil constitutionnel le lundi 6 juillet 2026, un recours en
inconstitutionnalité pour protester contre la procédure de révision
constitutionnelle, engageant un bras de fer institutionnel.
Selon la requête enregistrée sous le numéro 6/C/26 devant
le greffe du Conseil constitutionnel, le président de la République a plaidé pour
que le recours soit examiné en urgence, conformément à l’alinéa 5 de l’article
17 de la loi organique relative au Conseil constitutionnel, souhaitant un
verdict dans un délai de huit (8) jours.
Dans son courrier de transmission, l’exécutif a fourni
plusieurs pièces justificatives notamment les articles concernés, les
correspondances officielles avec le président de l’Assemblée nationale, les
amendements du gouvernement, le discours du ministre de la Justice durant la
séance plénière, les procès-verbaux, ainsi que les enregistrements vidéo et
audio des travaux des députés.
Il s’agit également d’une décision du Conseil
constitutionnel français de 1960 et deux décisions antérieures du Conseil
constitutionnel du Sénégal, dont celle rendue le 15 février 2024.
Cependant, certains membres du Groupe parlementaire
Pastef ont souligné que le Président de la République n’a pas compétence pour saisir le Conseil constitutionnel d'un recours pour contester une réforme
constitutionnelle lorsque les différentes étapes de la procédure sont
définitivement terminées. « Il en découle
également que, contrairement à son engagement, il enterre définitivement
l'arbitrage du peuple souverain par la convocation d'un référendum, dont il se
soustrait pour éviter une débâcle électorale prévisible et cuisante », ont –ils
déclaré dans un communiqué.
Selon eux, à travers cette demande d’avis, le Président
Diomaye accepte que le texte soit définitivement approuvé, « En conformité avec la jurisprudence
constante du Conseil constitutionnel, qui considère que l'adoption aux trois
cinquièmes des suffrages exprimés réalise à la fois l'adoption et l'approbation
» ont –ils ajouté.
Les 7 sages du Conseil constitutionnel disposent de
huit jours pour se prononcer sur la procédure d’adoption de cette réforme constitutionnelle
et non sur le contenu.
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