La séance de réintégration d’Ousmane Sonko et l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale sénégalaise s’est tenue ce mardi 26 mai 2026, sans les députés du groupe parlementaire Takuu Walu. A l’issue du scrutin, le leader du Pastef a été élu président de l’institution parlementaire quatre jours après avoir été limogé de son poste de premier ministre.
Sur les
133 députés qui ont voté, le quorum était constitutionnellement fixé à 67 voix.
Le leader du Pastef, Ousmane Sonko a obtenu 132 voix avec un seul bulletin d’abstention
et zéro vote contre. Cependant, cette élection est boycottée par l’opposition
qui dénonce un coup d’Etat institutionnel.
Quelques heures après son intégration à l’hémicycle, les députés de la majorité présidentielle ont accueilli avec des ovations, Ousmane Sonko à la suite de la proclamation des résultats. Le nouveau président de l’Assemblée nationale a pris fonction séance tenante en livrant ses premières impressions imbues de sagesse aux parlementaires en tant que la deuxième personnalité de la République. « Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel, pour créer une crise institutionnelle ou des problèmes au président de la République. Aucun député avec moi n’utilisera cette institution pour une vendetta personnelle », a –t-il- affirmé en langue wolof. Et de poursuivre que : « l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle usera de manière responsable de tous les leviers de contre-pouvoirs. Nous voterons les lois conformes à l’intérêt général et rejetterons celles qui ne le sont pas ».
L’actuel président de l’Assemblée nationale a félicité
le nouveau premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô nommé par le
président Diomaye Faye, qui est un expert chevronné de la banque et ancien
fonctionnaire de la BCEAO. Il a ensuite révélé les points de désaccord entre
lui et son successeur sur le franc CFA et la gestion de la dette.
C’est un secret de polichinelle que cette élection intervient dans un contexte politique très tendu après le limogeage du premier ministre Sonko. D’aucuns parlent d’un bras de fer institutionnel qui se profile à l’horizon.
Pour le politologue Malao Kanté, Sonko devient de
facto, un opposant farouche à son ex-compagnon Faye, ce qui risque de créer une
crise institutionnelle dans le pays. « On
peut considérer Ousmane Sonko comme le nouveau visage de
l’opposition. Sauf que cette opposition détient aujourd’hui la
majorité parlementaire. Ce qui n’est pas sans risque. D’abord, il y a un risque
de motion de censure pour le prochain Premier ministre. Ce qui est clair, c’est
que ça risque d’installer le pays dans une situation un peu compliquée et de
bloquer le bon fonctionnement de l’Etat. » a –t-il
déclaré.
Face
à cette situation, beaucoup de sénégalais s’interrogent sur l’avenir de leur pays
qui se confronte à la dette extérieure estimée à 26,5 milliards de dollars
environ 15 200 milliards FCFA soit 132% du PIB.
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