A l’issue d’un conseil national tenu le samedi 9 mai 2026 à Cotonou, le parti d’opposition les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) a décidé de se rallier au camp présidentiel à compter du 24 mai 2026, la date d’investiture du nouveau chef de l’État, Romuald Wadagni. Un départ de l’opposition justifié par la déculottée lors des dernières élections et l’ambition du parti à contribuer au développement du pays. Mais force est de constater que cette décision qui fragilise de plus en plus le paysage politique béninois n’est pas sans susciter des interrogations au sein de l’opinion.
A deux semaines de l’investiture du nouveau président élu
Romuald Wadagni, le parti de l’opposition modéré, les Forces Cauris pour un
Bénin émergent (FCBE) ont claqué la porte de l’opposition le samedi 9 mai 2026
pour rejoindre la majorité présidentielle.
Les dirigeants du seul parti de l’opposition ayant pour candidat
Paul Hounkpè
qui avait été battu à plates coutures avec 5,95 % des voix lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2026 ne manquent
pas d’arguments pour motiver leur choix politique.
Ils évoquent le plébiscite du peuple béninois au
cours des dernières élections. « Le peuple a fait son choix et le choix du peuple s’impose à
nous », a souligné Yaya
Garba, Secrétaire exécutif national du parti par intérim indiquant que le parti
vise à participer au développement du pays. Le parti d’opposition modéré
affirme envisager de collaborer avec le parti au pouvoir afin d’apporter sa
pierre au développement du pays.
Selon le
politologue béninois, Toussaint Alexandre Nkpako, ce rapprochement ne pose pas assez
de problème, cela est prévisible puisque le parti FCBE est considéré comme un
parti de l’opposition modéré. C’est dans ce cadre qu’il a signé des accords
avec les partis de l’Union Progressiste le Renouveau (UP le Renouveau) et le Bloc Républicain pour participer aux élections
législatives et communales, des partis qui cohabitent avec le parti au pouvoir.
« Il convient de rappeler quelques faits, le
premier c’est que le parti FCBE s’est déclaré comme un parti d’opposition
modéré contrairement au parti les Démocrates qui est et demeure un parti de
l’opposition radicale. Le second fait, c’est que le parti FCBE pour traduire
son positionnement modéré sur l’échiquier politique national a signé des
accords avec les partis, l’Union Progressiste le Renouveau (UP le Renouveau) et
le parti Bloc Républicain qui sont des partis qui soutiennent le régime Talon
pour aller ensemble aux élections législatives et communales
dernièrement » a -t-il affirmé
Il a
toutefois évoqué le partage de la vision des FCBE par rapport à la gouvernance
de Patrice Talon. « Ce qui veut dire
que seuls les responsables du parti FCBE ne rejettent pas totalement ce qui est
fait et mis en œuvre par le régime de la rupture c’est-à-dire le régime de
Talon mais à quelques divergences » a – t-il ajouté.
Dans le même temps certains citoyens s’interrogent sur le verrouillage du
système politique depuis l’engagement des réformes politiques qui empêcheront
les opposants à accéder au pouvoir. Il nous souvient que le principal parti de
l’opposition Les Démocrates avait été exclu lors du dernier scrutin pour faute
de parrainages suffisants et n’a aucun député à l’hémicycle depuis janvier
2026.
Créé en 2003,
les FCBE étaient soutenus par l’ex chef d’Etat Thomas Boni Yayi qui s’opposait au
régime du Président sortant Patrice Talon. L’unique opposant face au candidat Wadagni
au cours de la présidentielle d’avril 2026, le candidat des FCBE, Paul Hounkpè, n’avait
obtenu que 5,95 % des suffrages.
Il y a
quelques années, le Bénin était présenté comme un modèle de démocratie en
Afrique de l’Ouest mais aujourd’hui, visiblement plusieurs
personnalités de l’opposition ont été arrêtées ou condamnées à de lourdes
peines de prison.
L’investiture de Romuald Wadagni est prévue le 24 mai prochain.
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