Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé le jeudi 23 juillet 2026, avoir interpellé le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf pour inscrire les attaques xénophobes visant les ressortissants étrangers en Afrique du Sud à son agenda à la prochaine session de l’organisation panafricaine.
Depuis quelques mois en Afrique du Sud, plusieurs
ressortissants africains se sont confrontés aux attaques xénophobes créant des
tensions diplomatiques entre Pretoria et d’autres pays du continent. C’est dans
ce contexte que le président ghanéen John Mahama a encore adressé une demande
au président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, pour
discuter sur la question au cours de la prochaine réunion de l’institution.
Dans un communiqué publié par la présidence ghanéenne,
John Mahama a laissé entendre qu’il a reçu un engagement du président de l’UA
sur le sujet lors d’un d’une entrevue en marge d’une session extraordinaire sur
la santé de l’organisation à Accra.
Selon lui, son pays n’a aucune haine vis-à-vis du pays
arc -en –ciel. Cependant, il est difficile d’oublier les peines et conséquences
causées aux ressortissants africains. « Le Ghana n’éprouve aucune animosité envers l’Afrique du Sud,
mais on ne pouvait pas ignorer les
souffrances et les pertes subies par les citoyens ghanéens et d’autres
Africains », a-t- il souligné. Toutefois, il a affirmé que « Balayer
la question sous le tapis ne permettra pas d’en résoudre les causes profondes »,
a déclaré M. Mahama. Et d’ajouter qu’: « Inscrire
ce point à l'ordre du jour de l'UA offre à l'Afrique du Sud une tribune
formelle et constructive pour exposer son point de vue et pour œuvrer ensemble,
en tant que continent, à une solution durable ».
C’est un secret de polichinelle que les relations
entre l’Afrique du Sud et le Ghana sont dégradées après la publication d’une
vidéo virale sur les réseaux sociaux, montrant un citoyen ghanéen, harcelé et
intimidé par un groupe anti-immigration dénommé « March and March ».
Il nous souvient que
les autorités ghanéennes avaient annoncé en début du mois de juillet, le report
d’une visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa, prévue en août prochain,
évoquant une éventuelle manifestation incontrôlable.
Face à cette nouvelle vague de xénophobie et
anti-immigration, le Ghana, le Nigéria, le Malawi, le Mozambique, l'Ouganda, le
Kenya et le Zimbabwe ont décidé de rapatrier leurs ressortissants en situation
irrégulière après l’ultimatum fixé au 30 juin dernier réclamant le départ des
migrants. Selon les estimations, près de 160.000 personnes auraient quitté l’Afrique
du sud en cette période.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères,
Ronald Lamola, a quant à lui, condamné ces incidents xénophobes et appelé les
forces de l’ordre à interpeller les auteurs de ces crimes. « Nous condamnons ces actes. Nous
n'encourageons aucun citoyen à se faire justice lui-même et nous appelons les
forces de l'ordre à arrêter toute personne qui agit de cette manière »,
a-t- il déclaré.
En définitive, le président ghanéen a rappelé que le
Ghana a officiellement saisi la Commission de l’Union africaine compte tenu de
l’urgence du phénomène afin d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour au prochain
sommet de l'organisation, prévu en février 2027.
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