Le Procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier (PPEF), Jean-Claude Aboya, a annoncé lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 2026, l’ouverture des milliers de dossiers et la saisie de divers biens et immobiliers dans le cadre de la lutte permanente contre le blanchiment de capitaux. Un phénomène qui sape l’économie nationale et l’Etat de droit.
Le Pôle pénal économique et financier (PPEF) crée
depuis 5 ans a traité beaucoup d’affaires suivies des interpellations et des
saisis d'avoirs financiers. Selon le
magistrat, cette thématique est perçue dans l’opinion publique comme un sujet
exclusivement réservé aux experts de la finance. « Le blanchiment de capitaux est souvent considéré comme une question
réservée aux spécialistes de la finance. Pourtant, il constitue également une
préoccupation majeure pour la justice et concerne l’ensemble des citoyens »,
a -t-il souligné.
Le procureur Jean-Claude Aboya, a estimé que l’Etat ivoirien a
fait beaucoup d’efforts pour lutter contre les crimes financiers et aujourd’hui
le pays se retrouve sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). « Le parquet financier ne laissera personne saboter
ou annihiler de quelque manière que ce soit l’effort collectif déployé sans relâche
depuis octobre 2024, à replacer la Côte d’Ivoire dans le concert des nations plus
sûres, sans la surveillance d’institutions étrangères ».
Il a souligné également que la Côte d’Ivoire n’acceptera
jamais les fonds issus des activités criminelles, réitérant que tous les
présumés auteurs seront jugés conformément à la loi en vigueur. « La Côte d’Ivoire n’est pas et ne sera jamais
une terre d’accueil pour les criminels à col blanc. Cette lutte sera menée dans
le strict respect de l’Etat de droit, les droits de la défense et les garanties
procédurales reconnues à toute personne poursuivie ».
Le blanchiment de capitaux se présente comme des
activités légales dont les fonds proviennent parfois de la corruption, de
trafic de drogue entre autres. Généralement, ces auteurs déclarent que ces
fonds sont issus des revenus de leurs entreprises ou des activités commerciales
afin de voiler l’origine.
Le procureur de République a expliqué qu’il est
possible de poursuivre un présumé auteur pour des cas de blanchiment d’argent
sans être condamné pour cette infraction d’origine. Au moment où, il existe des
indices palpables que les biens viennent d’activités criminelles, d’après l’ordonnance
du 23 novembre 2023.
Face à cette situation qui gangrène la nation, M.
Aboya a appelé à une synergie d’action de tous les acteurs impliqués notamment les
juridictions, les services de renseignement financier et les forces de sécurité
pour lutter véritablement contre ce phénomène. « La lutte contre le blanchiment de capitaux est complexe en raison des
techniques de plus en plus sophistiquées employées », a -t-il affirmé, indiquant
que la lutte contre le blanchiment de capitaux est indispensable à la santé de
l’économie.
Il a rappelé que depuis l’opérationnalisation du
(PPEF) en 2020, plus d'un demi milliers dossiers ont été traités dont 1964 procédures avec 819 jugements rendus. C'est dans ce sens que 97 immeubles, des milliers de voitures et plus de 15 milliards FCFA ont été saisis.
Soyez le premier à commenter !
Partagez votre avis sur cet article.